« Tout le monde dit que le pardon est une très belle chose. Jusqu’au jour où il doit pardonner. » C.S. Lewis

Tout le monde a besoin du pardon. Dieu a voulu le pardon, Dieu a pourvu le pardon. Mais comme dirait Erich FUCHS : « tout est donné, tout est à faire »

Le pardon est un sujet compliqué, toujours en travail, en réflexion, à tenter de vivre. Il est plus facile d’en parler que de le vivre…

Le pardon reçu, le pardon donné

Le pardon est comme une pièce à deux faces. D’un côté il y a le pardon reçu, de l’autre côté il y a le pardon donné.

La prière du Notre Père est un texte fondamental qui aborde l’ensemble de la relation du croyant avec Dieu. Une seule mention est faite de la relation du croyant avec les autres hommes, à propos du pardon (« Pardonne-nous le mal que nous avons commis, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont fait du mal », Matthieu, 6, 12). Le pardon reçu de Dieu implique donc le pardon à donner à mon prochain. Enseigner, proclamer, vivre du pardon reçu de Dieu implique d’enseigner, proclamer et vivre du pardon à donner à son prochain.

Comment notre foi grandit-elle si ce n’est en étant éprouvée ? Les épreuves sont des preuves pour nous aider à nous assurer de la croissance de notre foi. Le pardon donné au prochain n’est possible qu’avec le pardon donné par Dieu. Dieu donne ce qu’il ordonne.

 

Le prix du pardon

Le pardon de Dieu n’est pas une simple déclaration. On multiplie dans nos vies nos offenses envers Dieu. En minimisant nos offenses, en réduisant à nos yeux la dette que nous avons envers Dieu, nous réduisons le coût du pardon pour Dieu. De même, on diminue sa culpabilité et sa responsabilité quand on se victimise. Dieu a payé le prix fort. Si le pardon a coûté aussi cher à Dieu, pourquoi devrait-il être gratuit pour nous ?

En tant que mennonites, nous revendiquons la suivance du Christ, que Christ est notre modèle. Si notre modèle est passé par la Croix, nous avons peut-être aussi à prendre ce chemin. « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive. » dit Jésus.

Il est difficile de renoncer à nous-même, à notre propre justice. Quand on fait justice nous-même, on se croit plus grand que Dieu. Au moment de la Passion, Christ s’est en remis à la justice de Dieu. Mais quand je dis que l’autre doit payer pour ce qu’il m’a fait, j’oublie que Dieu a déjà payé. Je désavoue l’œuvre de Jésus. J’entretiens l’offense subie et en même temps je demande à Dieu d’oublier ce qui me concerne, les offenses que je lui ai faites.

Je peux vivre cette mort à moi-même en augmentant la visibilité de mes propres offenses à Dieu, ce qui aura pour conséquence de moins considérer celles des autres.

En renonçant à moi-même, j’ai plus de compassion, d’amour envers l’autre. Le vide créé par « moins d’amour pour moi » est remplacé par « davantage d’amour pour l’autre ».

 

La complexité du pardon

Le pardon, c’est comme marcher vers une étoile : on a l’impression qu’elle s’éloigne à mesure qu’on s’en approche.

Lorsqu’on est offensé, en réaction on a souvent une bonne colère. Mais cette colère ne doit pas rester au-delà de la journée. Attention à la colère qui s’installe ! Elle peut entraîner ressentiment, hostilité, rancœur, vengeance… Et dans ces cas, au mal de l’offenseur s’ajoute le « mal réagir » de l’offensé. A chacun son temps, son rythme, mais il est important de décider de refuser cette colère, de refuser de faire justice soi-même. C’est un pardon décisionnel, à faire le plus tôt possible. Ce pardon décisionnel amène au pardon émotionnel. Il faut du temps pour travailler à guérir la blessure. Il faut rejoindre son cœur pour le guérir. Une attitude repentante de l’offenseur simplifie le processus. Mais même en l’absence ou en cas de refus de repentance, le pardon consiste en une guérison toujours utile, nécessaire, possible. La rancœur, le désir de vengeance sont remplacés par la compassion, la bonté, la douceur, l’humilité, la bienveillance et la patience.

De fausses conceptions du pardon peuvent nous polluer. Il y a par exemple ceux qui pensent ne pas avoir pardonné, alors qu’ils ont pardonné. Pardonner n’est pas oublier. Pardonner n’est pas nier l’offense. Le pardon ne permet pas toujours de revenir à la situation antérieure. Le pardon n’implique pas de renoncer à ses droits, à des réparations éventuelles. Le pardon ne consiste pas à excuser l’offenseur, on ne le décharge pas de ses responsabilités.

Nous sommes tous des êtres blessés, qui avons besoin d’être pardonnés et d’apprendre à pardonner.

 

Prière

Seigneur Dieu,

En ton Fils tu es venu nous guérir ;

Nous t’en prions, que la communion au Christ vivant nous libère de nous-même, oriente notre vie vers la justice et maintienne nos cœurs dans la reconnaissance et la louange, par Jésus-Christ.

Amen

 

Quelques livres pour aller plus loin :

« Quand le pardon transcende la tragédie », David WEAVER-ZERCHER, Steven NOLT, Donald KRAYBILL, éditions Excelsis, collection Perspectives anabaptistes, 2014

« Comment pardonner ? » Jean MONBOURQUETTE, éditions Bayard, réédition 2011

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